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Litige avec l'assureur décennale : les étapes avant le tribunal

Avant d'envisager une action en justice contre son assureur décennale, plusieurs étapes de dialogue et d'expertise permettent souvent de débloquer un dossier.

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Par Sabrina
Lille · 23 juillet 2026 · 5 min de lecture
Litige avec l'assureur décennale : les étapes avant le tribunal

Un refus de prise en charge, une indemnisation jugée trop faible, un désaccord sur l'origine d'un désordre : les litiges entre un professionnel du BTP et son assureur décennale ne sont pas rares. Avant d'envisager une procédure judiciaire, longue et coûteuse, plusieurs voies de recours existent et méritent d'être épuisées dans un ordre logique.

Rappel du cadre : ce que couvre (et ne couvre pas) la garantie décennale

La garantie décennale est une obligation légale pour tout constructeur, issue de la loi Spinetta de 1978 et des articles 1792 et suivants du Code civil. Elle couvre, pendant dix ans à compter de la réception des travaux, les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination. Elle est distincte de la responsabilité civile professionnelle, qui couvre d'autres types de préjudices, et de l'assurance dommages-ouvrage, souscrite par le maître d'ouvrage et non par le constructeur. Un litige avec l'assureur décennale porte donc précisément sur l'application de ce périmètre : l'assureur conteste-t-il la nature décennale du désordre, son origine, ou le respect des conditions du contrat ? La réponse détermine souvent la stratégie à adopter.

Première étape : la réclamation écrite auprès de l'assureur

Avant toute autre démarche, la réclamation interne s'impose. Elle consiste à adresser un courrier, idéalement en recommandé avec accusé de réception, au service réclamations de l'assureur, en exposant précisément les faits, les points de désaccord et les pièces justificatives (rapport d'expertise initial, photos, devis de réparation, échanges antérieurs). Chaque contrat d'assurance prévoit une procédure de réclamation, généralement décrite dans les conditions générales ou sur le site de l'assureur. Cette étape a un double intérêt : elle oblige l'assureur à répondre de manière argumentée dans un délai encadré, et elle constitue une pièce du dossier si le litige se poursuit. Il est utile, à ce stade, de relire attentivement son contrat pour vérifier les garanties souscrites, les exclusions éventuelles et le montant de la franchise applicable, ces éléments variant fortement d'un contrat à l'autre.

Deuxième étape : la médiation de l'assurance

Si la réponse de l'assureur ne satisfait pas l'assuré, ou si aucune réponse n'est apportée dans le délai prévu, il est possible de saisir le médiateur de l'assurance. Cette saisine est gratuite et intervient après épuisement des voies de recours internes. Le médiateur, tiers indépendant, examine le dossier et rend un avis qui, sans être contraignant pour les parties, est suivi dans la grande majorité des cas. La médiation présente l'avantage d'être plus rapide et moins formelle qu'une procédure judiciaire, tout en permettant un examen approfondi du différend. Le délai de traitement varie selon la complexité du dossier, mais il reste généralement inférieur à celui d'une instance devant les tribunaux.

Troisième étape : l'expertise contradictoire

Lorsque le désaccord porte sur des éléments techniques, l'origine du désordre, son ampleur, le lien avec la construction, l'expertise contradictoire permet de confronter les points de vue. Chaque partie mandate son propre expert, ou les parties s'accordent sur un expert commun, afin d'établir un rapport partagé sur les constatations techniques. Cette étape peut intervenir en parallèle ou en complément de la médiation, et son coût est à anticiper : les honoraires d'expertise sont généralement à la charge de la partie qui mandate l'expert, sauf accord contraire. Un rapport d'expertise contradictoire solide constitue souvent un élément déterminant, que ce soit pour convaincre l'assureur de revoir sa position ou, le cas échéant, pour appuyer un dossier devant le tribunal.

Le recours au tribunal, en dernier ressort

Si ces étapes n'aboutissent pas à un accord, le recours judiciaire reste possible, devant le tribunal compétent selon la nature et le montant du litige. Cette voie implique des délais et des frais de procédure plus importants, ce qui en fait généralement une option de dernier recours plutôt qu'un point de départ. Se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit de la construction, en s'appuyant sur le dossier constitué lors des étapes précédentes (réclamation, avis du médiateur, rapport d'expertise), permet d'aborder cette phase avec des arguments déjà structurés.

Anticiper plutôt que subir

Un litige avec l'assureur décennale trouve souvent son origine dans une mauvaise compréhension du contrat au moment de la souscription : garanties, exclusions, franchises et conditions de territorialité méritent d'être examinées avec attention avant la signature, et pas seulement au moment d'un sinistre. Des courtiers spécialisés en assurance décennale pour les professionnels du BTP, comme ASSU PRO (assur-risque.fr), proposent un parcours de devis en ligne à partir du numéro de SIREN de l'entreprise, y compris pour les sociétés en cours de création, et accompagnent aussi bien les professions intellectuelles du secteur (architectes, bureaux d'études, maîtrise d'œuvre) que les professions physiques (artisans, entreprises de travaux), y compris les profils considérés comme des risques aggravés. Le tarif d'une garantie décennale varie fortement selon l'activité exercée, le chiffre d'affaires, l'ancienneté et les antécédents de sinistralité : il n'existe pas de prix standard, et seule une étude du dossier permet d'obtenir une évaluation précise.

FAQ

Comment contester la décision de mon assureur décennale ? La démarche recommandée suit un ordre progressif : adresser d'abord une réclamation écrite et argumentée au service dédié de l'assureur, puis, en l'absence de réponse satisfaisante, saisir gratuitement le médiateur de l'assurance. En parallèle, si le désaccord porte sur des aspects techniques, une expertise contradictoire permet de confronter les analyses. Le recours au tribunal n'intervient qu'en dernier lieu, lorsque ces démarches n'ont pas permis de trouver un accord.

La médiation de l'assurance est-elle payante ? Non, la saisine du médiateur de l'assurance est gratuite pour l'assuré.

Qui paie l'expertise contradictoire ? En général, chaque partie prend en charge les honoraires de l'expert qu'elle mandate, sauf accord différent entre les parties.

Cet article présente une information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les garanties, exclusions et franchises dépendent des conditions particulières de chaque contrat : il est recommandé de les lire attentivement ou d'en discuter avec un courtier ou un assureur.

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