Ces médecins qui refusent les dépassements d'honoraires : rencontre avec une espèce menacée
Alors que les tarifs médicaux explosent dans les grandes villes, certains praticiens s'obstinent à rester en secteur 1, et expliquent pourquoi.

Dans certains arrondissements parisiens ou sur la Côte d'Azur, trouver un spécialiste qui ne pratique pas de dépassements d'honoraires relève du parcours du combattant. Pourtant, des médecins continuent de consulter au tarif conventionné, sans supplément. Pourquoi ? Et comment font-ils ?
Le secteur 1, c'est le tarif fixé par la Sécurité sociale en accord avec les syndicats médicaux. Pas de surprise sur la facture, remboursement maximal par l'Assurance maladie, accessibilité pour tous. En théorie, ce devrait être la norme. En pratique, le secteur 2, avec dépassements libres, attire de plus en plus de praticiens, notamment parmi les spécialistes.
Les raisons d'un choix à contre-courant
Ceux qui restent en secteur 1 invoquent souvent une vision de la médecine comme service public, un héritage de valeurs reçues en faculté ou tout simplement le refus de voir leurs patients renoncer aux soins. « Si je passais en secteur 2, la moitié de mes patients ne reviendraient plus », confie, sans donner son nom, un généraliste de la banlieue lilloise.
Le revers de la médaille est économique. Avec des tarifs conventionnés qui n'ont pas suivi l'inflation pendant des années, la rentabilité du cabinet dépend du nombre de consultations. Certains voient 30 patients par jour pour s'y retrouver, ce qui laisse peu de temps par consultation.
Les aides et les déserts médicaux
L'État a mis en place des incitations pour attirer des médecins dans les zones sous-dotées : aides à l'installation, exonérations fiscales, soutien aux maisons de santé pluriprofessionnelles. Ces dispositifs fonctionnent inégalement selon les territoires.
La question des déserts médicaux dépasse de loin celle des seuls dépassements, mais les deux sont liées : quand un territoire n'a que des médecins en secteur 2, les patients modestes se retrouvent doublement exclus, par la distance et par le coût. Un sujet qui mérite mieux que les promesses électorales habituelles.
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